La Surface Pro X de Microsoft était censée marquer un nouveau chapitre de l’histoire de Qualcomm dans le domaine des PC et des tablettes Windows, où l’autonomie de la batterie ne serait plus le seul argument de vente. À son crédit, la nouvelle puce Microsoft SQ1 semi-personnalisée (basée sur la puce Snapdragon 8cx) apporte des améliorations en termes de graphisme et de performance. Et l’on ne peut que saluer l’apparence de l’USB-C et le Slim Pen fort bien conçu. Mais, et c’est très déconcertant, la batterie de la Surface Pro X n’offre pas une durée de vie suffisante.

Il faut aussi pointer les nombreux problèmes de compatibilité non résolus des applications et les bogues, une constante fort regrettable sur les PC tournant avec les puces Snapdragon. On peut éventuellement tolérer ce genre de problèmes sur un Samsung Galaxy Book 2, qui offre 18 heures d’autonomie. Mais pas avec une Surface Pro X, dont l’autonomie est limité à 8 ou 10 heures seulement. La sempiternelle explication « c’est une nouvelle architecture, donnez-lui un peu de temps », n’est plus audible. Il ne faut pas oublier que, quand il y a bogue ou quand l’utilisateur est confronté à un problème – et ce sera probablement le cas – c’est toujours une situation pénible.

Surface Pro X

En tirant un peu sur le clavier, le Slim Pen apparaît dans sa gouttière de chargement. (crédit : Mark Hachman/IDG)

Surface Pro X : une belle allure

Selon nos confrères, leur première impression en voyant la Surface Pro X n’a pas changé : c’est une tablette Surface Pro, destinée à une nouvelle génération d’utilisateurs de tablettes. Il semble que les utilisateurs s’intéressent moins aux tablettes, et le manque actuel de tablettes Windows de tierce partie en témoigne. Mais les tablettes Surface de Microsoft sont réputées pour leur design élégant, et la Surface Pro X ne trahit pas cette réputation. Cependant, si l’on veut le clavier et le Slim Pen, il faudra débourser 295 euros, soit le prix d’un Chromebook ou d’un PC desktop bon marché.

Certes, le Slim Pen est un bonheur à utiliser. Dans quelques années, cet outil (apparu pour la première fois sur les machines portables Dell Inspiron 7000 13 et 15 pouces Black Edition) pourrait devenir un standard, un peu comme les béquilles des tablettes aujourd’hui. Sauf que, en voyant le stylo, on ne peut s’empêcher de se demander si Microsoft a enfin résolu les problèmes du Pen. Ce dernier est même équipé d’une petite lumière de charge. Mais, il est difficile d’avoir une idée précise de la durée de vie de la batterie du stylo, car il est toujours en charge quand il n’est pas utilisé. Et si le Pen n’est pas correctement remis en place – il faut que le logo Windows soit orienté vers le haut – il bascule dans la bonne position grâce au système magnétique de la Surface Pro X.

Surface Pro X

Quand vous retirez le Slim Pen de sa gouttière, un message propose de lancer l’app Microsoft Whiteboard. (Crédit : Mark Hachman/IDG)

Selon la description de Microsoft, le châssis de la Surface Pro X est en « aluminium anodisé avec refroidissement thermique sans ventilateur en composite de carbone ». Une autre manière de dire que la Surface Pro X est légère, robuste et froide. Nos confrères n’ont jamais détecté plus qu’un peu de chaleur. La béquille ne s’incline pas tout à fait à 180 degrés, juste assez pour permettre à l’utilisateur de dessiner. La béquille est rigide et maintient bien la tablette, quels que soient les mouvements. Elle offre donc beaucoup plus de souplesse qu’une béquille plus traditionnelle, qui s’incline généralement à 45 degrés environ de l’horizontale.

Surface Pro X

La Microsoft Surface Pro X en position d’inclinaison maximale. La béquille est particulièrement résistante, si bien que l’ancrage est assez stable avec très peu de rebond. (Crédit : Mark Hachman/IDG)

« La position d’usage » reste une affaire de goût. Nos confrères en ont assez de ce mantra invitant les utilisateurs à « travailler avec une tablette sur les genoux ». Oui, c’est possible. Oui, la prise magnétique entre le clavier de la Surface Pro X et la tablette est formidable, et elle ne risque pas de se casser si elle passe par-dessus les genoux. Mais surtout, la Surface Pro X est plus agréable à utiliser sur une table bien rigide ou un bureau.

Surface Pro X : Affichage et ports

La luminosité de l’écran de la Surface Pro X est étonnante : 448 nits. Ce qui signifie qu’on peut même travailler en plein soleil. (Attention, ne pas oublier par ailleurs que la luminosité de l’écran a un impact sur la durée de vie de la batterie.) L’écran prend en charge deux profils de couleurs : Enhanced et sRGB. La taille réduite de la lunette permet à la Surface Pro X d’opter pour un profil d’écran global en deçà de 13 pouces. C’est l’un des changements structurels qu’avaient demandé les fans. Si vous utilisez l’accessoire Surface Dial, sachez qu’il n’est pas possible de l’utiliser sur l’écran, mais hors écran comme périphérique externe.

Surface Pro X

Deux ports USB-C (et une bascule de volume) visibles sur le côté gauche de la Surface Pro X. (Crédit : Mark Hachman/IDG)

Avec ses deux ports USB-C, la Surface Pro X s’aligne aux autres modèles de tablettes. Cependant, ces ports ne sont pas alimentés par Thunderbolt, de sorte que les options de connexion d’un moniteur externe restent limitées. Parce qu’il n’y a plus de ports USB-A, miniDisplayPort et microSD sur la Surface Pro X, un hub USB-C est nécessaire pour connecter ses périphériques existants (un investissement dérisoire si l’on a déjà dépensé plus de 295 € pour le clavier et le stylo).

Surface Pro X

Le connecteur Surface Connect et le bouton d’alimentation se trouvent sur le côté droit. (Crédit : Mark Hachman/IDG)

Nos confrères ont parfaitement réussi à se connecter à un écran externe 4K à l’aide de la station d’accueil Surface Dock, mais quand ils ont ajouté un deuxième écran 1080p, la fiabilité de la connexion avec l’écran 4K laissait à désirer. (Cependant, une connexion directe avec un écran externe fonctionnait bien.) On pourrait penser qu’une entreprise comme Microsoft, qui développe le système d’exploitation et fabrique le matériel, serait capable de résoudre ce genre de problèmes. La conception du panneau à l’arrière de la Surface Pro X est assez remarquable. On peut le détacher à l’aide d’un outil de carte SIM. À l’intérieur se cache un emplacement SIM. Il abrite aussi un SSD amovible, accessible à l’utilisateur. Microsoft dit que ce SSD est destiné à répondre au besoin de portabilité des données. Sauf qu’on ne trouve pas de SSD compatibles pouvant s’insérer dans cet espace. Un aimant permet de remettre le panneau en place.

Surface Pro X

Le slot pour carte SIM de la Surface Pro X se cache sous la béquille et sous un couvercle métallique amovible. (Crédit : Mark Hachman/IDG)

C’est le bon moment de parler du sans fil, l’une des forces de la Surface Pro X. Ce n’est un secret pour personne : les utilisateurs ont une préférence pour les PC toujours allumés, toujours connectés, simplement parce qu’un appareil capable de tenir une journée permet de faire plus de choses, y compris se connecter à Internet. En général, les tablettes Surface Pro compatibles LTE arrivent souvent six mois après la sortie des premières versions sans LTE, mais Microsoft n’a pas encore annoncé de Surface Pro 7 compatible LTE. Mais pour la Surface Pro X, il n’y aura d’attente, puisque la tablette est dotée de la connectivité LTE Advanced Pro (4G+). Son modem LTE X24 de Qualcomm est compatible avec les principales bandes de fréquences des quatre opérateurs américains, et avec les bandes de fréquences des opérateurs d’Asie et d’Europe. Ce qui veut dire que l’on peut se connecter partout dans le monde.

Surface Pro X

C’est très appréciable d’avoir accès à une connexion cellulaire, mais taper sur son clavier dans un train rapide comme le Bay Area Rapid Transit de San Francisco n’est pas forcément la meilleure expérience. (Crédit : Mark Hachman/IDG)

A suivre : Test Microsoft Surface Pro X : Pas vraiment la tablette que l’on attendait (2e partie) 

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Merci à Mark Hachman, PCWorld (adapté par Jean Elyan) – https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-test-microsoft-surface-pro-x-pas-vraiment-la-tablette-que-l-on-attendait-1e-partie-77284.html